Yaroslava Vitko-Prisyazhnyouk, représentante à Odessa du Commissaire pour la protection de la langue d’Etat, a fait le point sur sa traque des mauvais citoyens qui osent violer la loi en parlant russe, toujours sur dénonciation des bons citoyens. Elle constate avec amertume que la région d’Odessa est l’une des trois où les violations de la loi sont les plus nombreuses. Elle a reçu 262 plaintes cette année, de la part de bons citoyens qui s’indignent qu’on ne respecte pas leur droit à entendre « la langue d’Etat » de la part de mauvais citoyens qui continuent d’utiliser « une langue non-étatique ». Cela se rencontre surtout dans les prestations de services, sur internet, et dans les publicités, mais aussi dans les secteurs de la santé, de l’éducation, dans la fonction publique… « Bien sûr ces personnes sont toujours sous la surveillance de nos citoyens, mais nous ne pouvons pas toujours répondre rapidement. J’ai reçu beaucoup de messages à propos de certains responsables utilisant publiquement une langue non étatique, ce qui constitue une violation de la législation. Notamment à propos d’enseignants, qui parlent correctement l’ukrainien mais continuent de violer la législation ». Ces enseignants sont dénoncés par leurs étudiants, même quand ils répondent en russe à un étudiant qui posait une question en russe parce qu’il n’avait pas compris l’explication en ukrainien. Cela concerne aussi les conseils municipaux. Et aussi les chauffeurs de taxis russes, qui ont causé une « série de scandales » en s’exprimant en russe. Les entreprises ont réagi et il n’y a plus de plaintes. Il y a eu aussi des « scandales linguistiques » dans des cafés et des restaurants… Bref c’est partout que des gens parlent russe, puisqu’ils sont russophones, en violation de la loi sur la « langue d’Etat ».
C’est fascinant d’entendre cette jeune femme débiter son discours de petit dictateur linguistique, manifestement convaincue d’être dans son droit en traquant les russophones. Puisqu’elle ne fait qu’appliquer la loi, comme disaient les sous-fifres nazis.
Yaroslava Vitko-Prisyazhnyouk, c’est elle dont on avait parlé en décembre, quand elle avait fait condamner une employée d’un magasin de cosmétiques parce qu’elle avait parlé en russe avec un client. Il avait été établi qu’elle avait répondu en russe parce que le client ne comprenait pas l’ukrainien, or la loi permet de parler une « langue non-étatique » dans ce cas de figure, mais elle avait quand même été condamnée. Et en prime elle avait dû confesser que son ukrainien n’était pas bon mais qu’elle s’efforçait de l’améliorer…